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 Critique Hérésie d'Horus : L'Ange Exterminatus

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Farmace
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MessageSujet: Critique Hérésie d'Horus : L'Ange Exterminatus   Lun 16 Mar - 2:27

Critique : l’Ange Exterminatus par Graham MacNeill

Les lecteurs de mes critiques (qui sont, à n’en pas douter aussi nombreux qu’avisés) (si !) savent que je voue une admiration certaine à Graham MacNeill depuis un bon moment déjà. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le fait qu’il soit détenteur d’un David Gemmell Legend Award (récompense de littérature anglophone portée sur la Fantasy et la SF, particulièrement prestigieuse), devrait déjà en dire long. Il est l’unique écrivain de la Black Library à m’avoir jamais donné envie d’acheter un recueil de nouvelles uniquement parce qu’il était l’auteur d’une seule présente dans ledit recueil. Aussi, lorsque j’ai vu son nom au-dessus du titre sur la couverture, j’ai acheté sans même me poser la question.

Cruelle déception ou joie inégalable, c’est ce que nous allons découvrir.

Tout d’abord un peu d’histoire : L’Hérésie d’Horus (si cette association de mots ne vous dit rien, c’est que vous êtes en retard de plusieurs critiques, alors zou ! En arrière !) est bien entamée. Les traîtres et les loyalistes continuent leur lutte fratricide alors que nous suivons cette fois-ci la légion des Iron Warriors, spécialistes des sièges et de la guerre de tranchées. Leur Primarque Perturabo est contacté par son frère de traîtrise, Fulgrim, dont je vous ai déjà parlé dans une précédente critique. Celui-ci l’informe qu’ils doivent partir sur un monde appartenant à l’antique race des Eldars afin d’y traquer une arme de premier ordre : l’Ange Exterminatus. Guidés par un Eldar et pris dans une perpétuelle opposition on trouve dans ce roman toute la profondeur d’une opposition d’idéologie qui va nous laisser sur le carreau bon nombre de fois.

Et pour cause ! Car les Iron Warriors de Perturabo et les Emperor’s Children de Fulgrim ne pourraient pas être plus opposés !

Disciplinés à l’extrême et spécialistes de la guerre de siège, nous découvrons en détail les fils d’un primarque que nous n’avions jusqu’ici put qu’apercevoir dans une nouvelle, ou dans un roman, mais de façon partielle. Les Iron Warriors méritent totalement leur place dans le panthéon des « méchants » (notez les guillemets ils ne sont pas là pour rien). Puissants car implacables et pourtant subtils, manipulateurs, résistants, avec assez de profondeur pour nous les présenter à l’image de leur père génétique : un Perturabo désespérément incompris de l’Imperium qu’il a jadis servi. Sans cesse sous-estimé, relégué aux basses œuvres, désirant créer, mais coincé dans un bête rôle de destructeur, MacNeill réussi sans même avoir à se forcer à nous faire apprécier ce traître qui s’est lui-même senti trahi. Et de la trahison, on va en manger et en redemander au fil de ce roman riche en rebondissements !

Car à l’opposé de ces guerriers de fer, nous retrouvons avec un plaisir non-dissimulé ces joyeuses ordures que sont devenus les Emperor’s Children. Avilis à l’extrême dans un état de décadence faisant passer les pires orgies romaines pour des messes mormones, les fils de Fulgrim ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Toujours puissants mais ayant perdu toute notion de discipline, soumis à des désirs malsains et impies, dévorés par leur propre volonté d’hédonisme incontrôlable, les guerriers ayant jadis tendus vers la perfection ne sont plus que des amas de chairs automutilées, de débauche de violence sauvage, et de fous-furieux suicidaires poussant en mourant des hurlements orgasmiques. Rien que ça.

Et pour compléter ce tableau, des survivants du Massacre d’Istvaan traquent les deux légions, se dissimulant dans l’ombre pour frapper au bon moment. Iron Hands pour la plupart, mais aidés par un Apothicaire Salamander et un guerrier d’élite des Raven Guard, le roman nous prend de court en nous donnant un point de vue de la situation depuis l’œil des fidèles de l’Imperium. Une présence loyaliste particulièrement bienvenue, car rafraichissante et offrant un angle d’approche différent de la trame générale de cette histoire. Héroïques et pourtant ennemis des personnages principaux, leur présence suscite un véritable intérêt sans jamais voler la vedette aux Iron Warriors pour autant, le tout grâce à un savant dosage du nombre d’apparitions par page.
Je refuse ici d’en dire plus, le plaisir est dans la découverte et je ne donne les histoires complètes que des romans que je n’ai pas aimés. Vous avez déjà dû comprendre que ce n’est pas le cas alors entamons la suite !
En ce qui concerne la mise en scène, j’aurais du mal à ne pas être dans le positif.

Tout es savamment dosé, et les plans sont cinématographiques juste ce qu’il faut. Bien amenés, les évènements sont profondément immersifs, mineurs comme majeurs retiennent l’attention car là est le génie de Graham MacNeill : chaque détail compte. Les personnages sont réussis dans la mesure où l’on arrive à nous servir de véritables guerriers mais dotés d’une profondeur indéniable, et l’auteur s’amuse à nous servir des clichés dont il use à dessein pour mieux nous surprendre en les faisant sortir de leur rôle de cliché. Les trahisons vont bon train, on alterne aisément entre les passages centrés sur les Iron Warriors souvent accompagnés de leurs frères déchus et les Space Marines restés loyaux envers l’Imperium, cherchant à tout prix à frapper dans la plus petite faille laissée par leurs ennemis. Les scènes de combat sont fantastiques : bien décrites, très visuelles, assez nombreuses pour qu’on en profite pleinement sans pour autant nous noyer dans un texte creux et répétitif, il est difficile de remettre en cause la mise en scène qui est un véritable caviar du genre. Après avoir lu les Chroniques de Nightshade et Détruire Carthage, c’est incroyablement rafraichissant ! On peut déplorer quelques longueurs, et encore, il faut être tatillon, mais il est incontestable que la façon dont le roman a été agencée est intelligente, fluide et bien construite. Je botterais les fesses de quiconque dira le contraire. Seule ombre au tableau : quelques confusions dans certaines scènes de la bataille finale qui s’avère parfois confuse.

Mais que serait un bon roman sans une plume, un style, bref, une façon d’écrire propre à son auteur ? (J’en entends certains dire « Un Bernard Werber », bande de mesquins va ! Même si vous n’avez pas tort…)
Et bien, de ce côté-là, force est de reconnaître que l’on est mieux servi que jamais. Le vocabulaire est riche et beau à en pleurer (j’ai même appris des mots, réellement). Une mention spéciale à l’ouverture du premier chapitre qui démarre fort, vraiment très fort, nous décrivant l’enfer de la guerre avec un vocabulaire paradisiaque. Perturabo et Fulgrim, comme tous les personnages, devraient être difficiles à décrire sans tomber dans la caricature tant ils sont typés et marqués par leur personnalité respective. Et bien non ! Étudiés en profondeur et décrits avec brio, les deux primarques sont au premier plan grâce à une traduction impeccable malgré tout ruinée par l’incapacité manifeste de la Black Library à engager des relecteurs compétents ! Oui, encore une fois, comme pour Signus Daemonicus, on se retrouve face à des mots auxquels il manque une lettre ! Oui, on tombe ENCORE (BORDEL) sur des « s’enfler » au lieu de « enfler » ! Cette apostrophe précédée d’un « s » totalement inutile me sort désormais par les yeux et au risque de me répéter, j’en ai marre de payer mes romans 17 euros pour des erreurs aussi grossières ! Si un responsable de la Black Library lit cette critique : faites un réel effort là-dessus, sous peine d’une perte totale de légitimité à facturer vos livres à ce prix-là ! Ceci étant dit, cela relève du détail car le livre s’avère trop prenant pour qu’on s’arrête bêtement sur quelques soucis de forme (plus rares que dans Signus Daemonicus, c’est déjà ça).

En bref, le roman est bien écrit, bien mis en scène, bien raconté, et fait doucement mais sûrement avancer l’Hérésie vers un réel déroulement en profondeur. Car un des risques que ce roman courrait, était avant tout de nous livrer une histoire presque extérieure aux réels évènements de l’Hérésie d’Horus, ne faisant guère avancer la trame générale en nous livrant une petite histoire annexe. L’Ange Exterminatus ne peut qu’être appelé « réussite » et les fans de la Black Library tout comme des pérégrinations d’Horus et ses frères ne pourront qu’être séduits.

Je recommande chaudement ce livre aux fans de l’univers : glauque à souhait, violent et brutal, subtil et porteur d’espoirs, haletant et sachant ménager ses effets… Un bon roman est selon moi un roman nous faisant ressentir au moins une violente émotion ; ce n’est pas arrivé ici : j’en ai ressenti plusieurs et non une. Ma note : 16/20.
Sur ce, je vous rends l’antenne pour des prochaines aventures, et je vous dis, à vous les studios !

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Elwe
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MessageSujet: Re: Critique Hérésie d'Horus : L'Ange Exterminatus   Lun 16 Mar - 2:46

J'ai également trouvé le livre très bon.
C'est un plaisir de découvrir la légion des Iron Warriors qui gagne grâce à ce roman une profondeur qui lui manquait. Perturabo est présenté en détail ainsi que ses relations avec ses frères et le destin de Fulgrim vaut le détour.
L'histoire est bien menée et bien écrite.
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Galdros
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MessageSujet: Re: Critique Hérésie d'Horus : L'Ange Exterminatus   Lun 16 Mar - 5:56

J'ai pas grand chose à dire, si ce n'est que j'ai beaucoup aimé. Je lui trouve un seul petit défaut, mais comme ça spoil je vais mettre ça dans un spoiler réserver à ceux qui ont déjà lu le livre.

ATTENTION NE PAS OUVRIR LE SPOILER SI VOUS N'AVEZ PAS LU LE LIVRE.

Spoiler:
 
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Farmace
dynaste
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MessageSujet: Re: Critique Hérésie d'Horus : L'Ange Exterminatus   Lun 16 Mar - 7:31

C'est normal Galdros, Lucius n'a commencé à s'incarner dans les corps de ceux qui l'avaient vaincus qu'après avoir été combattu en duel contre un champion Thousand Son et participé aux combats d'arène organisés par Fulgrim en personne dans lesquels il resta invaincu, jusqu'au jour où il affronta le seigneur commandeur Cyrius, lui aussi un Emperor's Children. C'est seulement à cette seconde occasion où il mourut que Slaanesh le remarqua et décida de lui permettre d'éternellement se réincarner. Cyrius fut le premier à en faire les frais.

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